LE SELVEDGE : Une toile d’exception façonnée par le temps
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Quand nous avons décidé de travailler le selvedge, nous savions que cette toile ne se choisirait pas à la légère . Derrière ce mot se cachent aujourd’hui des pratiques très différentes, et toutes ne correspondent pas à l’idée que nous nous faisons d’un denim d’exception . Certaines toiles privilégient la rapidité, d’autres sacrifient la durabilité ou s’éloignent trop du lieu de fabrication du jean.
Nous aurions pu faire des choix plus simples. Travailler des toiles plus larges , réduire les contraintes de coupe , accélérer les cadences de production . Mais le selvedge impose un autre rythme . Tissé sur des métiers à navette , il demande du temps , une attention constante et une parfaite maîtrise du geste . La tension des fils, la régularité du tissage, la densité de la toile : tout se joue dans la précision .
C’est pour cette raison que nous avons pris le temps de chercher. De comparer les toiles, de les manipuler, de comprendre leur origine et leur mode de fabrication. Cette quête nous a menés en Italie, près de Vérone, chez Berto Industria Tessile . Une manufacture active depuis 1887 , où le selvedge est encore tissé sur des métiers à navette d’époque , restaurés et entretenus avec soin. Là-bas, le temps n’est pas un frein , mais une condition essentielle à la qualité .
Une fois la toile sélectionnée, le travail est loin d’être terminé. Le selvedge arrive ensuite à Florac , à l’atelier, où il impose immédiatement ses contraintes. Plus étroite , plus dense , plus compacte , cette toile ne se laisse pas apprivoiser facilement. Elle exige rigueur , précision et anticipation à chaque étape.
À la coupe, rien n’est laissé au hasard. La largeur réduite de la toile demande une organisation différente , des placements plus justes, une attention constante pour optimiser chaque laize sans jamais trahir la matière. À l’assemblage, la densité du selvedge se fait sentir. Les gestes doivent être sûrs, les machines réglées avec précision, le rythme adapté à la résistance de la toile. Travailler le selvedge prend plus de temps , mais ce temps supplémentaire est essentiel.
C’est cette exigence, parfois invisible, qui donne au jean sa tenue , son équilibre et sa solidité . Un jean selvedge bien confectionné se tient différemment, vieillit différemment, traverse les années sans perdre sa structure.
Le selvedge n’est pas une toile figée .
Dès les premiers ports, il commence à évoluer. La matière s’assouplit, les plis se dessinent, les zones de tension se marquent peu à peu. Contrairement aux toiles industrielles , le selvedge accepte ces transformations et les intègre à son identité.
Au fil du temps, le jean raconte une histoire unique . Celle des mouvements répétés, des gestes du quotidien, des habitudes de celui ou celle qui le porte. La patine apparaît progressivement , révélant des nuances subtiles et un caractère propre à chaque pièce.
C’est cette relation entre le vêtement et son porteur qui donne tout son sens au selvedge. Un jean pensé pour accompagner longtemps , évoluer avec le temps et ne jamais se figer.
Chez Atelier TUFFERY , le selvedge n’est pas un argument. C’est un engagement . Celui de travailler une toile exigeante , de respecter le temps nécessaire à sa fabrication et de concevoir des jeans durables, sincères et porteurs de sens .
Chaque jean selvedge Atelier TUFFERY est le résultat de cette exigence, depuis le choix de la toile jusqu’à la dernière couture à l’atelier.